S'abonner au site   - Accueil > Communiqués de presse
Imprimer cet article | Partager cet article | Télécharger cet article en P.D.F

M. SARKOZY DÉTERRE le HASCH DE GUERRE

Communiqués de presse, publié le 25 avril 2003, mis à jour le 8 mai 2006

Après la pénalisation des prostituées raflées par la police et jugées en comparution immédiate depuis 10 jours à Paris, après les charters de la honte rapatriant en masse des africains qui croyaient que la France était encore une terre d’asile, notre omniprésent Ministre de l’Intérieur vient de décider que les consommateurs occasionnels de cannabis devaient être punis « réellement et rapidement ».

Le SM se demande comment la justice va pouvoir faire face à ce nouvel afflux de « dangereux délinquants », constitué par 60% des garçons et 41 % des filles de 17 à 19 ans , qui déclarent avoir déjà fumé du cannabis !

Depuis 10 ans, les scientifiques les plus éminents, la majorité des professionnels de la lutte contre la toxicomanie considèrent cependant que la simple consommation de produits stupéfiants est, comme celle du tabac, de l’alcool et des anti-dépresseurs, un vrai problème de santé publique, et ne relève certainement pas de la sanction pénale. Plusieurs de nos élus partagent cette opinion.

Les tribunaux condamnent chaque année en France environ 6500 personnes pour simple usage de stupéfiants (un an d’emprisonnement encouru et 3500 euros d’amende) . Cette répression n’a aucun effet sur la consommation de stupéfiants qui poursuit sa croissance.

Devant ce constat d’absence de lien entre la pénalisation de l’usage et la courbe de la consommation, la plupart de nos voisins (Espagne, Angleterre, Italie, Portugal...) ont dépénalisé de fait l’usage du cannabis, et ont mis en place une politique de réduction des risques par la prévention et la création de structures de soins .

Qu’il s’agisse des drogues « dures ou douces », la seule politique pénale pertinente et adaptée est la recherche des trafiquants. Cela suppose de renforcer les effectifs des services de police judiciaire spécialisés en matière de stupéfiants, mais ils sont démantelés au profit de la police de voie publique...

M Sarkozy exige des résultats : Il est facile d’arrêter un fumeur de joint, même si cela ne sert à rien ; cela augmente les chiffres des infractions élucidées par la police et la popularité du Ministre.

Décidément, nous avons un gouvernement de combat contre la jeunesse, première victime de sa politique sécuritaire : extension des possibilités de contrôles d’identité, centres fermés, peine d’emprisonnement pour les jeunes qui stationnent dans les halls d’immeubles, et maintenant confiscation des scooters et travail d’intérêt général pour un joint !

25 avril 2003

Syndicat de la magistrature - Tél. : 01 48 05 47 88 - twitter : @Smagistrature
contact@syndicat-magistrature.org