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paris, le 4 juillet 2008

Marina Petrella : « ...comme je te l’avais promis »

Communiqués de presse, publié le 4 juillet 2008, mis à jour le 4 juillet 2008

Marina Petrella se laisse doucement mourir dans une cellule de l’hôpital psychiatrique de Fresnes. « Elle préfère mourir qu’être enterrée vivante », déclare son conjoint au journal Le Monde, « comme ça, ses filles pourront faire leur deuil ».

Condamnée en Italie pour des faits qui remontent aux « années de plomb », Marina Petrella a choisi de s’installer en France en vertu de la parole donnée par la République sous la présidence de F. Mitterrand, selon laquelle il ne devait pas y avoir d’extradition des ex-activistes italiens qui renonceraient à la lutte armée. Assistante sociale dans notre pays, mère de deux enfants dont l’une, âgée de 10 ans, est née en France, Marina Petrella a parfaitement respecté cet engagement moral à rompre avec l’activisme violent.

En signant son décret d’extradition le 9 juin, le Premier ministre renie une nouvelle fois la parole donnée par la République. L’extradition de Marina Petrella signifiera pour elle un emprisonnement à perpétuité.

Aujourd’hui, rien n’arrête le gouvernement dans sa brutale détermination à extrader cette citoyenne européenne parfaitement insérée dans la société française : ni le respect de la parole donnée, ni l’absurdité d’une telle démarche près de trente ans après les faits, ni son remarquable investissement aux services de plus démunis, ni la mobilisation de ses nombreux soutiens, ni surtout son état de santé dramatique.

En effet, depuis son incarcération, Marina Petrella présente, selon ses médecins, «  état dépressif gravissime, douleur morale, idées de mort extrêmement prégnantes, angoisse avec vécu somatique, sensation d’avenir bouché, l’ensemble évoquant une crise suicidaire franche et inquiétante ».

Avec cette extradition, Marina Petrella est poussée vers la mort dans l’indifférence glaciale de l’administration française. Elle dit ainsi adieu à ses proches, et écrit à son conjoint : «  quant à toi, tu es le dernier homme que j’ai aimé... comme je te l’avais promis. »

Le Syndicat de la magistrature ne peut se résoudre à un tel traitement et appelle le gouvernement, s’il est encore possible d’être entendu, à faire preuve d’humanité.

Syndicat de la magistrature - Tél. : 01 48 05 47 88 - twitter : @Smagistrature
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