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Précarité, j’écris ton nom...

Communiqués de presse, publié le 17 janvier 2006, mis à jour le 12 mars 2006

Le premier ministre vient d’annoncer la création du contrat première embauche, destiné aux jeunes de moins de 26 ans et comportant, à l’instar du contrat nouvelles embauches, une période de précarité de deux ans. Le gouvernement poursuit ainsi son entreprise de remise en cause des acquis sociaux, en permettant aux employeurs de rompre discrétionnairement le contrat d’un jeune salarié durant les deux premières années de son embauche.

Un tel contrat n’est pas conforme aux principes fondamentaux affirmés par la convention n° 158 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), tant au regard de l’exigence du délai raisonnable de la période d’essai que de celle de la motivation du licenciement. Le principe même du contrat à durée indéterminée et la logique de protection de l’emploi qui le sous-tend sont à l’évidence dans la ligne de mire du gouvernement.

Parallèlement, la Cour de cassation, par deux arrêts du 11 janvier 2006, autorise les licenciements économiques destinés à anticiper une mise en péril de la compétitivité de l’entreprise, et ce sans que des difficultés économiques ne soient effectives à la date du licenciement. Ces décisions sont révélatrices du démantèlement des acquis sociaux, acquis consacrés au fil des années soit par la loi, soit par la jurisprudence et de la mise en échec d’un droit du travail soucieux de protéger les travailleurs, confrontés à un rapport de forces intrinsèquement inégal avec les employeurs.

La précarisation sans cesse croissante des salariés, par un recours excessif à toutes ces formes dérogatoires au CDI que sont le CDD, le travail intérimaire, le contrat nouvelles embauches et le contrat première embauche, est déclinée désormais sur tous les tons, au nom du primat de l’économie sur le droit ou d’un principe de réalité libérale.

Le Syndicat de la magistrature dénonce cette politique de fragilisation systématique du statut du salarié, pourvoyeuse d’insécurité sociale.

Syndicat de la magistrature - Tél. : 01 48 05 47 88 - twitter : @Smagistrature
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