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Sarkozy partout, justice nulle part

Communiqués de presse, publié le 14 décembre 2003, mis à jour le 14 juin 2006

Le syndicat de la magistrature estime que les critiques et les craintes qu’il avait émises quant à la venue de M.Sarkozy à l’Ecole Nationale de la Magistrature ont été confirmées par l’intervention de celui-ci devant les auditeurs de justice de la promotion 2003.

Cette intervention, dans une crainte manifeste de la contradiction, s’est déroulée dans une enceinte fermée aux magistrats et aux auditeurs de la promotion précédente, et protégée par les services de police. Malgré les dénégations de la direction de l’Ecole, elle n’avait aucun lien avec l’activité pédagogique de formation des futurs magistrats, et s’est transformée progressivement en meeting politique. M.Sarkozy a présenté sa venue au nom d’un dialogue nécessaire entre politiques et magistrats, mais n’a pas résisté à la tentation de l’invective en traitant les opposants à sa visite de « comploteurs idéologiques. »

S’il s’est défendu de vouloir porter atteinte à la séparation des pouvoirs, il a justifié sa présence par le fait qu’il faisait partie, en tant que ministre de l’Intérieur, de la même chaîne pénale que les magistrats.

Il a justifié le renforcement des pouvoirs du parquet en précisant qu’il était du devoir du Garde des Sceaux de donner des instructions aux parquetiers, indiquant « quand j’étais ministre du Budget, j’avais le devoir de donner des ordres à mes fonctionnaires. »

Assumant longuement les nouveaux textes qu’il a inspirés, il a justifié l’incrimination des prostituées en affirmant « on les met en garde à vue pour leur expliquer ce que l’on peut faire pour elles et les protéger. » Il a remis en cause le principe de non rétroactivité des lois pénales. Il est logique pour lui de récompenser celui qui fait gagner du temps à la police et à la justice en avouant. C’est l’objectif de la réforme du plaider coupable. La possibilité de faire passer les abus de biens sociaux en composition pénale procède, à ses yeux, d’une volonté de ne pas faire un délit de sale gueule à l’envers : « Il ne faudrait pas qu’on soit puni plus sévèrement parce qu’on est riche. » Il trouve normal que l’évaluation des magistrats puisse se faire à partir de décisions réformées en Cour d’appel.

A Libourne, devant un auditoire de policiers, le ministre de l’Intérieur a revendiqué le slogan « Sarkozy partout justice nulle part. » Le syndicat de la magistrature dénonce à nouveau cette intervention politique, qui porte atteinte à l’indépendance des magistrats, et qui n’a d’autre but, que de convaincre les magistrats en formation de la légitimité de sa politique.

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