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Sur le règlement intérieur du centre fermé de Lusigny

Communiqués de presse, publié le 21 mars 2003, mis à jour le 8 mai 2006

L’ouverture des premiers centres fermés à Lusigny (Allier) et à Sainte-Eulalie (Gironde) est effective depuis ce début de semaine. Les organisations soussignées ont toujours défendu que la création de telles structures était inadapté à la prise en charge éducative des jeunes en difficultés.

Ce n’est pas le « projet éducatif » du centre de Lusigny qui va pouvoir venir nous rassurer en raison de son contenu sexiste, moralisateur , anachronique., - et contraire aux droits fondamentaux de la personne.

Que trouvons-nous dans ce projet de service et dans le dossier ?

Rectifier les comportements, voilà la théorie éducative qui sous-tend le projet ! C’ est du reste ce que déclarait le président de l’association pour l’ Education renforcée (APLER) support du projet, qui gère plusieurs CER dans la région, dans Le Progrès le 25 février dernier :

« Avec les sportifs comme avec les délinquants, nous avons un devoir d’écoute et de rectification ». D’ailleurs, l’équipe éducative constituera un véritable « mur humain » pour instaurer un climat contenant et sécurisant ! En réalité des personnes qui empêcheront physiquement les jeunes de sortir !

Mais là où l’on voit que le projet culmine, c’est dans la déclinaison des éléments figurant au dossir d’ admission : S’ agissant de jeunes filles de 14 à 17 ans, .devront figurer leur photo , leur tour de taille et de poitrine !...

Et pour couronner le tout, un test de grossesse datant de 8 à 10 jours, mesure particulièrement scandaleuse, et attentatoire aux libertés individuelles , en infraction à la loi régissant les droits des usagers en matière de santé. et du reste interdite à tout employeur ou institution

Les jeunes filles devront « s’identifier positivement à des rôles féminins. Ainsi leur « apparence revêtant une grande importance pour les filles », des cours de coiffure, de danse, d’expression corporelle leur seront prodigués sans oublier l’éducation artistique qui passera par la composition florale. Enfin, la « santé féminine » sera prioritaire afin de développer « une sexualité saine, non pas vécue seulement en tant que victime ». En un mot tout concourra à l’acquisition d’une « certaine autosuffisance sociale et économique ». Quelle vision progressiste des adolescentes et de la femme ! Etre une bonne mère et une bonne épouse. : Les Bons Pasteurs et autres « Magdalene sisters » ne sont pas morts.! L’ obligation de ne parler que français et l’ interdiction de la musique individuelle sont du même acabit.

L’ interdiction de tout contact avec leur famille pendant six semaines pour des jeunes souvent en difficulté dans leur relation familiale, outre son caractère scandaleux, contrevient gravement aux dispositions de la loi du 2 janvier 2002, qui garantit le droit des personnes accueillies dans un Etablissement social.

Les jeunes en centre fermé auraient-ils moins de droits que les mineurs en prison ?

Par ailleurs, l’ exigence de la signature par le jeune du règlement intérieur contredit le caractère autoritaire d’ un placement judiciaire.

Si l’ objectif avait été de pousser es jeunes à la rebellion et à la fugue, le but est atteint ! La sanction en sera ... la prison.

L’ inanité et l’ illégalité de ce projet de service ne font que confirmer ce que les associations soussignées ont dénoncé et dénoncent encore dans la loi Perben votée en septembre 2003 , qui réforme d’une manière fondamentale la justice des mineurs.

21 mars 2003

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