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Violences policières et droit de manifestation

Communiqués de presse, publié le 23 avril 2002, mis à jour le 7 mars 2006

Le Syndicat de la magistrature s’indigne de l’attitude des policiers ces derniers jours à Paris, dont témoignent deux scènes qui se sont déroulées, l’une le vendredi 19 avril, l’autre le lundi 22 avril.

Vendredi 19, vers 20 heures, sur une place de la Bastille noire de monde, des policiers sont intervenus pour faire dégager des marches de l’Opéra Bastille les personnes qui s’y retrouvent quotidiennement, parmi lesquelles nombre de jeunes ou de SDF. L’opération a immédiatement tourné au déferlement de violence : coups de pied, coups de poing, coups matraques, les jeunes étant expulsés sous une pluie de coups vers le terre-plein situé en face de l’Opéra. La présidente du Syndicat de la magistrature, Evelyne Sire-Marin, pour avoir seulement assisté à la scène, pour avoir refusé de circuler et pour s’être simplement enquis des causes de cette violence s’est fait injurier avant que l’attention policière ne retourne à son objet premier : les jeunes et les SDF.

Par ailleurs, lundi 22, vers 1 heure et demie du matin, le rédacteur en chef du journal du Syndicat de la magistrature, Pierre Jacquin, et sa compagne, rentrant à leur domicile en voiture, ont été témoins d’actes policiers d’une violence inouïe, dans le quartier de la gare de Lyon, boulevard Diderot, peu après le croisement avec la rue de Lyon. Sur le trottoir, des cars de police et des motards étaient stationnés. En passant, le journaliste et sa femme ont clairement vu deux ou trois personnes à terre, violemment frappées par les policiers qui les entouraient. Les deux témoins en ont apercu plus précisément une que les policiers relevaient à demi, l’un d’entre eux s’acharnant à la frapper à coups de pieds dans la tête. Le seul fait d’apercevoir une voiture arrêtée et de constater que des gens étaient témoins de la scène a provoqué une violente colère d’un policier casqué et armé d’un bidule qui leur a signifié rageusement de circuler. Là encore, le seul début de protestation de ces témoins a provoqué un déchaînement de haine du policier qui, accompagné de collègues, a commencé à se précicipiter vers la voiture, bidule levé, dans un geste non équivoque...

Les violences policières en cours de manifestation sont généralement le signe d’un manque de sang-froid, ce qui est déjà inexcusable mais peut trouver une explication. Mais à froid, en dehors de toute manifestation, ou bien longtemps après la fin d’une manifestation, ce type d’attitude pose de façon dramatique la question des missions exactes de l’intervention policière en matière de maintien de l’ordre, celle du contrôle de ces forces dites « de l’ordre », celle, enfin, de la nature de certaines unités de police. Le contexte politique et la probabilité de manifestations à venir de la jeunesse exigent des autorités politiques relayées par la hiérarchie policière la sanction immédiate de pareilles attitudes. Le Syndicat de la magistrature veillera, avec ses partenaires, à ce que soit respecté le droit de manifester en toute sécurité.

23 avril 2002

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